Les « zones bleues », peut-on reproduire les recettes du bien vieillir ?

 

 

Le terme « zone bleue » identifie « un territoire qui concentre un nombre très largement supérieur à la moyenne de personnes très âgées, et notamment de centenaires, en bonne santé ». Les zones bleues théorisent un certain nombre de facteurs favorisant la longévité en meilleure santé. En effet, on constate dans ces zones un nombre élevé de centenaires, tandis que les cas de diabète, de démence sénile ou de maladies cardiaques sont bien inférieurs à la moyenne mondiale.

 

À l’heure actuelle, cinq régions du monde sont considérées comme des zones bleues :

  • l’ile d’Okinawa au Japon
  • l’île d’Ikaria en Grèce
  • la province sarde de Nuoro en Italie
  • la péninsule de Nicoya au Costa Rica
  • Loma Linda en Californie

 

L’approche holistique du bien vieillir développée dans l’analyse des zones bleues est inspirante car elle peut nourrir de nombreuses initiatives et contribuer à l’amélioration des pratiques actuelles.

C’est pourquoi Eurasenior a réuni de nombreux professionnels du bien vieillir à l’occasion d’un ciné-débat à Arras.

 

Exploration des Zones Bleues : Focus sur Okinawa

L’événement a débuté par la diffusion du premier épisode du reportage « 100 ans de plénitude : les secrets des zones bleues » de Dan Buettner, offrant ainsi une immersion dans la vie quotidienne d’Okinawa, l’une des cinq zones bleues du monde. Les spectateurs ont découvert les habitudes alimentaires, d’activités physiques et de vie sociale qui contribuent à la longévité exceptionnelle des habitants de cette région.

Car ce que caractérise une zone bleue, c’est bien la dimension multifactorielle qui permet aux habitants de bénéficier d’une mode de vie sain et équilibré dans la durée. Si certains facteurs sont facilement identifiables, comme une alimentation majoritairement végétale ou un mode de vie actif au quotidien, d’autres aspects plus subtils doivent aussi être pris en compte : une vie sociale épanouie, la conscience du sens ou de l’utilité sociale en sont des exemples.

 

Des intervenants pour appuyer l’expertise sur le Bien-Vieillir

Après la projection, Alessandro PORROVECCHIO, Maître de conférences en sociologie de la santé à l’Université du Littoral Côte d’Opale, a commenté les aspects sociologiques du bien-vieillir. Il a souligné l’importance des « zones bleues » comme modèles pour comprendre comment bien vieillir et a rappelé les principaux ingrédients qui les composent, tel que l’environnement, les habitudes alimentaires, ou encore l’activité physique et la réduction du stress. Il a également mis l’accent sur l’importance de la « santé sociale » et du lien social chez les personnes âgées, reprenant le concept japonais d »ikigai », qui peut être traduit par « raison de vivre », déterminant essentiel pour comprendre l’engagement social des seniors à Okinawa.

Alessandro PORROVECCHIO a souligné que de nouvelles zones bleues sont en émergence. Au contraire, certaines pourraient disparaitre du fait par exemple d’une mobilité plus forte des populations vers ces zones dont le mode de vie est attractif : les nouveaux arrivants n’ayant pas bénéficié des effets positifs de la zone bleue depuis l’origine viendraient ainsi casser les statistiques du vieillissement.

 

Eric BATCAVE, Directeur du Pôle médico-social du Groupe AHNAC (Association Hospitalière Nord Artois Cliniques), a apporté un retour d’expérience sur les projets menées par l’AHNAC ou par d’autres acteurs du territoire. Par exemple, il a présenté le projet de la ville de Barlin, labellisée Ville Amie des Aînés, axé sur le bien vieillir en ruralité. Ce projet tend à reproduire certains facteurs des zones bleues en 1/ redonnant du sens via une assemblée des séniors, 2/ conseiller et anticiper le vieillissement avec le recrutement d’un care manager avec l’AHNAC, 3/ favoriser le lien social grâce à l’ouverture des établissements vers l’extérieur. Une dimension intergénérationnelle a également été apportée par l’adjonction d’une école maternelle auprès d’une résidence autonomie et d’un EPHAD, dans le but de favoriser le lien social intergénérationnel.

Les zones bleues inspirent réellement les actions permettant de faire évoluer les pratiques, apportant de nouvelles dimensions à la manière dont les seniors sont considérés. Et ce tout en mettant en lumière l’importance de la prévention et de l’accompagnement personnalisé afin de garantir le meilleur accompagnement possible en s’adaptant aux divers besoins croissants.

Au sein de la Communauté Urbaine d’Arras (CUA), la ville d’Achicourt a elle aussi lancé un projet lié au bien vieillir, en prévoyant l’intégration d’un médiateur du vieillissement et la création d’un habitat inclusif pour renforcer l’offre résidentielle.

Eurasenior, vient dans la même optique soutenir et donner vie à ces projets pour répondre aux enjeux de demain en silver économie.

 

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